Djouldi Salim, originaire de Mayotte, a entrepris un voyage long et atypique pour atteindre les terrains de football de Noves, en Provence. Après un périple de près de 8 773 kilomètres et des années de persévérance, il s'est retrouvé au sein de l'Olympique novais, une équipe de football amateur qui a attiré l'attention des médias. Son histoire, marquée par des défis et des rencontres inattendues, met en lumière sa capacité à concilier ses études, ses passions artistiques comme le rap et le dessin, et sa détermination à jouer au football, même dans un contexte qui sort de l'ordinaire. Ce parcours singulier est devenu le sujet de l'émission télévisée « Les Héros du gazon », où il a eu la chance de côtoyer Rolland Courbis, une figure emblématique du football.
Le chemin qui a mené Djouldi Salim de Tsingoni, à Mayotte, jusqu'au stade du Moulin, à Noves, est remarquable. Ce voyage de 8 773 kilomètres, qui, sur le papier, semble prendre moins de 13 heures, a en réalité duré 22 ans pour le jeune homme. Une fois arrivé en métropole, il a rejoint l'Olympique novais, une équipe amateure décrite comme étant à la fois « la plus mauvaise de l'Hexagone » et « la plus attachante ». Cette équipe a particulièrement intéressé la production de France 3, qui a décidé de lui consacrer la deuxième saison de son émission « Les Héros du gazon », une version footballistique de « Cauchemar en cuisine », avec Rolland Courbis dans le rôle de l'entraîneur-mentor.
Avant que les caméras ne s'intéressent à lui, c'est Hadrami Lihadji qui a décelé le talent de Djouldi. C'est grâce à lui que le jeune Mahorais a pris sa première licence de football en U8, rejoignant les Diables noirs de Combani. Bien que doué en attaque, Djouldi n'a jamais envisagé de se consacrer entièrement au football, préférant se concentrer sur ses études tout en progressant dans les catégories jeunes. Ses aptitudes athlétiques et sa vivacité d'esprit lui ont permis d'exceller sans pour autant être un fervent admirateur des tactiques ou des matchs de haut niveau. Il a toutefois suivi avec fierté les parcours de ses compatriotes mahorais qui ont percé dans le football, tels que Toifilou Maoulida et El Fardou Ben Nabouhane.
Son départ de l'« île hippocampe », comme il la nomme en référence à sa forme, avait pour but d'élargir ses horizons. Après un baccalauréat ES et d'excellents résultats en EPS, Djouldi a choisi de s'inscrire en licence STAPS à Saint-Étienne. En parallèle, il a continué à pratiquer le football avec son frère aîné, Kazmir, afin de maintenir son niveau. Pour Djouldi, le football était alors un simple loisir, au même titre que le dessin ou la musique rap new wave qu'il produisait dans son Home Studio. Une fois sa licence en poche, il a été accepté en Master 2 de politiques sociales à Avignon, où son frère avait également été muté. C'est là que le hasard a voulu que Kazmir le mette en contact avec l'Olympique novais, après avoir découvert que l'un de ses collègues de travail était défenseur central dans l'équipe réserve.
Intégrer l'Olympique novais représentait un défi de taille pour Djouldi, qui devait jongler entre ses études, son emploi, sa musique et le football. L'équipe, malgré son classement modeste en D4 du district Grand-Vaucluse, exigeait de lui qu'il montre tout son potentiel. Durant la saison 2024-2025, alors que son ancien club, les Diables noirs de Combani, réalisait un beau parcours en Coupe de France, Djouldi intégrait l'effectif de la réserve de Noves.
Au sein de cette équipe novoise, Djouldi a découvert un groupe hétéroclite de personnages, chacun avec son propre surnom. Il y avait Mickaël, le meilleur buteur autoproclamé avec seulement trois buts la saison précédente, qui est aussi le beau-père de Kenzo, un milieu offensif excentrique. « Pépito » et Valentin, surnommé « Hospice », animaient le milieu de terrain, souvent après quelques verres. Le capitaine Vincent, surnommé « Kiwi » en raison de sa calvitie naissante, alternait entre les buts avec Jonathan, dit « Shrek ». Djouldi s'est rapidement démarqué par son hygiène de vie irréprochable, contrastant avec celle de certains de ses coéquipiers. Il se souvient avec amusement du premier match où l'un d'eux est arrivé ivre sur le terrain, et pourtant titulaire.
Dans cette « armée mexicaine », il était impensable pour Djouldi de ne pas avoir de surnom. Il est devenu « Djoul », en référence à Julien Mari, idole du vestiaire, mais aussi « Djoude », surnom inspiré de Jude Bellingham et Jude Sharpe du dessin animé Inazuma. Avec trois surnoms, Djouldi a trouvé sa place dans l'équipe, acceptant les particularités de son jeu, notamment ses retours défensifs, qu'il considère comme sa meilleure qualité. Un coéquipier le décrit comme un joueur qui « sort les crocs sur le terrain », transformé par rapport à son comportement en dehors, le comparant même au célèbre Cavani.
Malgré l'arrivée de Djoul, la réserve de l'Olympique novais n'a pas réussi à inverser la tendance. La saison a été marquée par une série de défaites écrasantes, l'équipe subissant des scores fleuves contre ses adversaires. Avec seulement 6 points et une seule victoire en 18 matchs, l'Olympique novais a terminé la saison 2024-2025 à la dernière place, concédant en moyenne quatre buts par match. C'est dans ce contexte difficile que Rolland Courbis est intervenu pour redonner un souffle nouveau à l'équipe. L'ancien entraîneur de l'OM a été agréablement surpris par le talent de Djouldi Salim, qui a même réalisé un triplé, célébré par un double salto arrière à la Aubameyang. Courbis a exprimé sa conviction que Djouldi avait le potentiel pour monter en niveau, le qualifiant de joueur « sympa et attachant », qui donne envie à un entraîneur de se surpasser.
