Sport

Grand Prix de Singapour : McLaren entre célébration et préoccupations, la ténacité de Verstappen et l'agacement de Piastri

Lors du récent Grand Prix de Singapour, l'équipe McLaren a réalisé une prouesse historique en s'adjugeant son dixième titre de champion des constructeurs. Cette victoire consolide sa place de deuxième écurie la plus couronnée de l'histoire, juste derrière Ferrari. Néanmoins, ce succès est teinté de doutes et de fébrilité, révélant des tensions palpables au sein de l'équipe et des performances en dents de scie. Malgré cette consécration, les incidents de course et la gestion des pilotes, notamment la déception d'Oscar Piastri, posent des questions sur la sérénité de la formation britannique.

Le Grand Prix de Singapour, remporté par Mercedes et George Russell, a été le théâtre d'un nouveau titre pour McLaren. L'équipe, après avoir échoué à concrétiser une première opportunité deux semaines auparavant, a finalement décroché son second sacre consécutif. Cette performance est d'autant plus significative qu'elle s'est déroulée à six courses de la fin de la saison, soulignant la domination de McLaren face à une concurrence parfois irrégulière, à l'image de Ferrari et Mercedes, ou solitaire, comme Red Bull et Max Verstappen. Ce dixième titre marque un moment important dans l'histoire de l'équipe de Woking, la plaçant devant des géants comme Williams.

Cependant, cette période de succès est paradoxalement marquée par une certaine fragilité. Après des résultats décevants à Monza et Bakou, où Verstappen avait écrasé la concurrence et où McLaren avait connu son pire week-end, Singapour devait être l'occasion de rassurer. Andrea Stella, le patron de l'équipe, avait justifié ces contre-performances par des tracés peu adaptés aux monoplaces oranges, réputées pour leur efficacité sur les circuits nécessitant un fort appui aérodynamique. On s'attendait à ce que la course de Singapour tempère l'hégémonie de Max Verstappen et de Red Bull, qui s'attendaient eux-mêmes à des difficultés sur ce circuit urbain.

Contre toute attente, Max Verstappen, malgré une monoplace moins performante que la McLaren sur ce circuit, a fait preuve d'une ténacité remarquable. Il a défendu sa position avec acharnement, frôlant les murs et gérant des problèmes de boîte de vitesses. Bien que la McLaren ait été supérieure, l'écart avec Red Bull ne s'est pas creusé autant qu'espéré. Oscar Piastri a exprimé son agacement à la radio, critiquant la manœuvre de son coéquipier, Lando Norris, au premier virage, qu'il a jugée dangereuse. Cet incident met en lumière les tensions entre les deux pilotes et la difficulté de l'équipe à gérer ces situations de course tendues.

Les « Papaya rules », les règles internes de McLaren concernant les duels entre pilotes, sont de nouveau sous le feu des critiques. Leur application a déjà été remise en question lors du Grand Prix d'Italie, et l'incident de Singapour n'a fait qu'accentuer le débat. Andrea Stella a promis des discussions internes pour renforcer l'équipe, mais le sentiment d'injustice pourrait persister chez certains pilotes. Les problèmes de McLaren ne se limitent pas aux relations entre pilotes ; un arrêt au stand raté pour Piastri à Singapour a coûté de précieuses secondes, ajoutant une nouvelle preuve de fébrilité. Malgré le titre des constructeurs, ces incidents soulignent les défis que l'équipe doit encore relever pour retrouver une sérénité totale et une performance constante.