Sport

La controverse sur la multipropriété des clubs de football portée devant le Parlement européen

La multipropriété dans le football professionnel est sous le feu des critiques, non seulement des supporters, mais aussi des acteurs politiques. Cette pratique, qui voit des entités détenir plusieurs clubs, est de plus en plus perçue comme une menace pour l'équilibre et l'esprit du sport.

Le football : un héritage pour les fans, non un instrument financier pour les élites

Le débat sur la multipropriété au cœur des préoccupations européennes

La question de la multipropriété des clubs de football, déjà décriée par certains groupes de supporters, s'est hissée au rang des discussions politiques majeures. Après l'initiative d'Éric Coquerel (LFI) en France visant à légiférer sur le sujet, c'est au tour de Rasmus Andresen, eurodéputé écologiste allemand, d'exprimer son indignation.

La vision des eurodéputés : Le football appartient à ses supporters, non aux investisseurs

Lors d'une session du Parlement européen à Strasbourg, Rasmus Andresen a prononcé un discours percutant, affirmant que « le football appartient aux supporters et non aux investisseurs ». Il a dénoncé la transformation du football en un simple actif financier, servant les intérêts de la grande richesse. L'eurodéputé a mis en lumière que plus de 180 clubs européens sont intégrés dans des structures opaques de multipropriété ou sont sous le contrôle de magnats issus du Moyen-Orient.

L'injustice économique dans le football et l'appel à une action réglementaire

Le discours de Andresen a également mis en exergue les disparités flagrantes au sein des ligues de football, attribuables à ces modèles de gestion. Il a cité la distribution inégale des revenus télévisuels, les systèmes de clubs multiples et les salaires exorbitants comme des facteurs nuisibles à une compétition équitable. Soulignant que le football tire sa force de la concurrence et de l'émotion, il a plaidé pour une intervention réglementaire européenne. Il a appelé à la mise en place d'un cadre législatif pour protéger ce sport de l'avidité des investisseurs, incluant des restrictions sur la multipropriété, des plafonds salariaux et des règles plus justes pour le marché des transferts.