Dans un contexte européen, la France se distingue par des performances économiques contrastées. Si elle surpasse certains pays comme l'Espagne ou l'Italie en termes de richesse produite par habitant, elle reste néanmoins en retrait par rapport à des voisins tels que l'Allemagne ou encore les Pays-Bas. Selon les experts, ce déséquilibre est principalement attribuable à une insuffisance dans la quantité de travail mobilisée au sein du pays. En 2024, avec un PIB par habitant estimé à 43 000 euros, la France accuse un retard significatif comparé aux 51 000 euros en Allemagne et aux 52 000 euros en Belgique. Cependant, cette situation n'est pas nouvelle, puisque dès les années 1980, le potentiel économique français paraissait prometteur, surpassant même celui de l'Allemagne.
Le taux d'emploi constitue l'un des facteurs majeurs expliquant ce phénomène. En France, seulement 69 % des personnes âgées de 15 à 64 ans sont actives, contre près de 77 % en Allemagne et jusqu'à 82,5 % aux Pays-Bas. Ce chiffre reflète une faiblesse structurelle dans l'intégration des jeunes et des seniors sur le marché du travail. Pour remédier à cet écart, Éric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management, met en avant l'importance de la formation continue. Il suggère ainsi que des métiers physiques, comme celui de maçon, puissent être accompagnés par des solutions de reconversion pour prolonger la durée active des travailleurs.
L'économie française pourrait également tirer profit d'une spécialisation accrue dans les secteurs à haute valeur ajoutée. L'exemple de l'Allemagne, qui excelle dans les technologies industrielles avancées, démontre l'importance de telles orientations stratégiques. En investissant davantage dans ces domaines innovants, la France pourrait améliorer sa compétitivité internationale tout en stimulant la croissance économique. Ainsi, non seulement il serait possible de rattraper son retard, mais aussi de bâtir un avenir plus prospère grâce à une meilleure utilisation des talents nationaux et une modernisation de ses infrastructures économiques.
