Le Masters de Paris, bien qu'il ait changé d'emplacement en quittant l'historique Bercy pour s'installer à La Défense, conserve une particularité qui le distingue de la quasi-totalité des autres tournois de sa catégorie : son format sur une seule semaine. Cette spécificité, alors que la plupart des Masters 1000 s'étendent désormais sur douze jours, fait de la capitale française une ville unique dans le calendrier tennistique mondial. Elle est la seule à accueillir à la fois un tournoi du Grand Chelem (Roland-Garros) et un Masters 1000, une dualité qui soulève des questions sur son évolution mais qui, pour l'instant, préserve son identité singulière.
La France et les États-Unis sont les deux seules nations à organiser à la fois un Grand Chelem et un Masters 1000. Si les États-Unis sont plus gâtés avec trois Masters 1000 en plus de l'US Open, Paris concentre tous ces honneurs, ce qui est à la fois sa force et sa faiblesse. Les fans de tennis parisiens bénéficient d'une situation exceptionnelle : un tournoi sur terre battue au printemps et un tournoi en salle à l'automne. Tandis que Londres a perdu ses ATP Finals au profit de Turin, Paris demeure l'unique ville à cumuler ces deux types d'événements majeurs.
Cette particularité impose certaines obligations. Bien que les Grands Chelems soient indépendants de l'ATP, la décision de l'instance du tennis de ne pas remettre en question le statut de Masters 1000 de Paris, malgré l'existence de Roland-Garros, est significative. Le déménagement de l'Accor Arena à La Défense, offrant plus de courts et de places, vise à répondre aux exigences d'infrastructure de l'ATP. Cependant, même avec ce changement, le Masters de Paris reste plus modeste en comparaison avec d'autres sites tels qu'Indian Wells, Shanghai ou Madrid, qui se veulent de véritables mini-Grands Chelems. Par exemple, le site d'Indian Wells est plus vaste et impressionnant que celui de Roland-Garros. Le Masters de Paris, en tant que tournoi en salle, est contraint par des limitations d'espace, ce qui lui confère un caractère unique et légèrement anachronique.
Un aspect crucial où Paris n'a pas cédé au changement est la durée de son tournoi. Alors que la majorité des Masters 1000 sont passés à douze jours de compétition, le Masters de Paris, avec Monte-Carlo, est l'un des rares à conserver un format d'une semaine. Avec un tableau final de 56 joueurs contre 96 pour les formats plus longs, cela implique un tour en moins. Ce format plus ramassé est généralement perçu comme plus efficace, plus intense et plus compréhensible pour le public et les joueurs. Carlos Alcaraz, par exemple, a exprimé sa préférence pour les Masters 1000 d'une semaine, soulignant la difficulté de maintenir un haut niveau de performance mentale et physique sur deux semaines, d'autant plus que les jours de repos sont souvent consacrés à l'entraînement et à la préparation.
Les critiques des joueurs concernant les formats étendus sont notables. La tournée américaine sur dur a souffert de ce nouveau calendrier, avec des joueurs comme Jannik Sinner et Carlos Alcaraz se retirant de certains tournois. En cette fin de saison, l'enchaînement du Masters de Paris, des ATP Finals et de la Coupe Davis sur quatre semaines force les athlètes à faire des choix. L'ATP, de son côté, justifie ces changements par l'augmentation des revenus et des investissements structurels, affirmant que les joueurs finiront par s'adapter. Cependant, la singularité de Paris, avec son format condensé, reste une bouffée d'air frais dans un calendrier de plus en plus exigeant. Sa longévité sous cette forme est incertaine, mais tant qu'elle dure, elle offre une expérience tennistique distincte.
