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Le Parlement français face à la multipropriété dans le football : Un débat législatif crucial

La montée en puissance des consortiums multinationaux dans le paysage footballistique soulève des questions fondamentales sur l'intégrité et l'identité des clubs. Bill Foley, à la tête de BlackNight Football, incarne cette tendance avec des participations dans plusieurs équipes à travers le globe, de Bournemouth à Lorient, en passant par Auckland et Moreirense. Son ambition est claire : contrôler le destin de ses actifs sportifs, en développant des joueurs au sein de ses structures et en acquérant des clubs réputés pour leurs académies. Cependant, cette vision d'un football globalisé se heurte à une résistance croissante, notamment en France, où le député Éric Coquerel a déposé une proposition de loi pour encadrer cette pratique.

L'initiative législative d'Éric Coquerel, inspirée par son expérience avec le Red Star, vise à interdire à une même entité de posséder plusieurs clubs français. Ce projet de loi, soutenu par une centaine de parlementaires de divers bords politiques, s'attaque aux pratiques de groupes comme 777 Partners, qui gèrent un portefeuille de clubs internationaux. L'objectif est de sauvegarder l'aléa sportif et la dimension territoriale des clubs, perçus comme des éléments essentiels de l'« exception sportive française ». Le député souligne que ce système transforme souvent les clubs en simples rouages d'un réseau au service de l'équipe la plus prestigieuse du groupe, comme en témoigne le parcours d'Éli Junior Kroupi, dont la carrière semble dictée par les stratégies des multipropriétaires. Les sanctions envisagées incluent des amendes significatives et des interdictions de participation aux compétitions, avec une extension des pouvoirs de la DNCG pour évaluer et potentiellement bloquer les rachats.

La question de la multipropriété et de ses conséquences sur le football moderne est désormais au cœur des préoccupations. Le débat soulève l'urgence d'une intervention législative pour protéger les clubs des dérives spéculatives et assurer leur pérennité. Les défenseurs de cette proposition de loi espèrent que la France servira de modèle, incitant d'autres nations à adopter des régulations similaires, à l'image du modèle allemand du « 50+1 » qui favorise l'actionnariat populaire. Il est impératif de préserver l'âme du football, enracinée dans les communautés locales et la passion des supporters, afin d'éviter qu'il ne devienne qu'un simple spectacle déconnecté de ses valeurs fondamentales.