Le président argentin Javier Milei, figure emblématique de la mouvance ultralibérale, a consolidé son pouvoir lors des récentes élections législatives de mi-mandat. Cette victoire significative, marquée par un soutien populaire robuste, lui offre une marge de manœuvre accrue pour approfondir ses ambitieux projets de réforme. Toutefois, la concrétisation de ces changements se heurtera inévitablement aux réalités d'une société polarisée et d'une économie en quête de stabilité durable.
Milei renforce son mandat face aux défis économiques et sociaux
Le 26 octobre 2025, la vie politique argentine a été marquée par un événement capital : le président Javier Milei a obtenu une victoire éclatante aux élections législatives de mi-mandat à Buenos Aires, son parti remportant plus de 40 % des voix au niveau national. Ce succès, salué comme un vote de confiance retentissant, confère à Milei une autoroute pour accélérer ses réformes. Dès l'annonce des résultats, un Javier Milei triomphant a déclaré à ses partisans que ces élections étaient une « confirmation du mandat reçu en 2023 » et validaient la « voie réformiste » qu'il avait entreprise.
Cette victoire est un immense soulagement pour le pouvoir exécutif, d'autant plus que l'incertitude liée au scrutin avait mis l'économie argentine, et notamment sa monnaie, sous une forte pression ces deux derniers mois. Cette situation avait d'ailleurs incité Donald Trump à promettre une aide substantielle de 40 milliards de dollars à son allié. L'ancien président américain a félicité Milei pour sa « Victoire Écrasante », soulignant que « Notre confiance en lui a été justifiée par le peuple argentin ». La participation, bien que significative, a été l'une des plus faibles enregistrées depuis le rétablissement de la démocratie en 1983, atteignant 67,9 %.
Le parti de Javier Milei, La Libertad Avanza, a vu sa représentation parlementaire quasi tripler, même s'il n'atteint pas la majorité absolue. Selon les projections du président, le nombre de ses députés passerait de 37 à 101 sur 257, et ses sénateurs de six à 20 sur un total de 72. Ce renforcement parlementaire est crucial pour la capacité du président « anarcho-capitaliste » à réformer et à déréguler l'économie argentine, caractérisée par de faibles réserves de change et une grande vulnérabilité aux turbulences financières.
Javier Milei avait déjà à son actif une réduction spectaculaire de l'inflation, passée de plus de 200 % à 31,8 % en vingt mois, et un équilibre budgétaire inédit depuis quatorze ans. Cependant, son « plus grand ajustement budgétaire de l'histoire » s'est traduit par la perte de plus de 200 000 emplois, une activité économique ralentie (avec une contraction de 1,8 % en 2024), et une société de plus en plus marquée par des inégalités. Malgré une reprise économique attendue en 2025, celle-ci risque de s'essouffler. La rigidité du président face à un Parlement qu'il avait qualifié de « nid à rats » et de « dégénérés » a souvent entravé ses actions. Avec cette victoire, il espère pouvoir imposer ses vetos plus facilement et faire avancer ses réformes fiscales, de flexibilisation du marché du travail et de protection sociale, dont il a fait ses priorités jusqu'en 2027.
Cette victoire électorale de Javier Milei marque un tournant pour l'Argentine, confirmant une orientation politique audacieuse. La consolidation de son pouvoir législatif pourrait lui permettre de mener à bien ses réformes structurelles, mais elle l'engage également à relever les défis persistants que sont la fracture sociale et la nécessité d'une croissance économique inclusive. L'avenir de l'Argentine dépendra de sa capacité à transformer ces promesses en une réalité bénéfique pour l'ensemble de la population.
