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Mathilde Gros : Une Résurrection sur Piste après les JO de Paris

Mathilde Gros, une figure emblématique du cyclisme sur piste, fait un retour remarquable sur la scène internationale lors des Championnats du monde de Santiago (Chili). Cette compétition marque une étape cruciale pour l'athlète de 26 ans, plus d'un an après des Jeux Olympiques de Paris 2024 jugés « traumatisants ». Animée par une soif de renouveau et une volonté inébranlable de surmonter la déception passée, la championne a entrepris une profonde réorganisation de sa carrière, se libérant de la structure du pôle France pour embrasser une approche plus individualisée. Son parcours récent, jalonné par un entraînement intensif en Nouvelle-Zélande et une collaboration avec un coach réputé d'Ineos, témoigne de sa détermination à retrouver le sommet de sa forme, tout en adoptant une nouvelle philosophie axée sur le bien-être et la performance sans la pression écrasante du passé. Ce retour est perçu comme un test significatif pour l'athlète, déterminée à démontrer que son instinct de championne est toujours intact et que l'avenir, avec les Jeux de Los Angeles en perspective, est prometteur.

Le 9 août 2024 restera gravé dans la mémoire de Mathilde Gros comme une date de « mort » symbolique, marquant la fin d'une période d'attentes et de pressions intenses lors des Jeux Olympiques de Paris. Ayant terminé 8e au keirin et 9e à la vitesse, l'athlète a ressenti une profonde déception, qu'elle a comparée à un processus de deuil. « Cette sensation ne passera jamais. Je pense que c’est comme un deuil, » confiait-elle à La Provence, ajoutant que « quelque chose s’est brisé à l’intérieur et ne sera jamais réparé. » Ces paroles poignantes illustrent l'impact émotionnel des JO ratés sur la jeune femme, mais révèlent également sa résilience et sa capacité à transformer cette expérience douloureuse en une source de motivation. Loin d'être abattue, Mathilde Gros a puisé dans cette épreuve la force de se reconstruire, de réévaluer ses priorités et de repenser sa carrière sportive avec une nouvelle perspective.

Face à cette désillusion, Mathilde Gros a envisagé d'abandonner le cyclisme. Cependant, sa passion pour le sport et son esprit de compétition ont finalement pris le dessus. Elle a alors décidé de prendre des mesures radicales pour changer son environnement et sa méthode d'entraînement. L'une des décisions les plus marquantes a été de quitter le pôle France de Saint-Quentin-en-Yvelines, où elle s'entraînait depuis plus de dix ans. Elle a choisi de créer sa propre structure, s'associant au Britannique Mehdi Kordi, un entraîneur travaillant avec l'équipe Ineos. Cette nouvelle autonomie lui a permis de « se retrouver avec elle-même, d'être plus à l'écoute de son corps et de se faire confiance », comme elle l'a déclaré à l'AFP. Elle a également exprimé le désir de « découvrir de nouvelles techniques d'entraînement, bouger, voyager », ce qui l'a menée en Nouvelle-Zélande pendant deux mois. Là-bas, elle a eu l'opportunité de s'entraîner aux côtés de la double championne olympique Ellesse Andrews, enrichissant ainsi son expérience et ses compétences. Sa préparation s'est ensuite poursuivie à Hyères, près de ses racines dans les Bouches-du-Rhône, où elle s'est installée avec son compagnon, Rayan Helal, également membre de l'équipe de France.

Ce changement radical dans son approche de l'entraînement et de la gestion de carrière représente un « contexte inédit pour l'équipe de France sprint », avec des athlètes indépendants coexistants avec ceux du pôle. Mathilde Gros a souligné l'importance du soutien de Quentin Lafargue, le nouvel entraîneur du sprint français, qui a reconnu les défis financiers et la responsabilité que représente un tel choix. Sa participation aux Mondiaux de Santiago est donc bien plus qu'une simple compétition ; c'est un « bon test » pour évaluer les ajustements mis en place et déterminer ce qui fonctionne ou non. Avec une pression allégée et une détermination renouvelée, Mathilde Gros s'apprête à entamer un nouveau chapitre de sa carrière, avec l'ambition d'aller « le plus loin possible dans chaque épreuve » et de viser les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028.