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MMA - UFC 321 - L'incident du "doigt dans l'œil" : Vers une nouvelle jurisprudence ?

La rencontre cruciale pour la ceinture des poids lourds de l'UFC entre Ciryl Gane et Tom Aspinall s'est achevée de manière abrupte et controversée. Un regrettable 'eye poke', c'est-à-dire un doigt involontaire dans l'œil, asséné par le combattant français, a contraint son adversaire britannique à abandonner. Cette issue, qualifiée de 'no contest', a laissé les fans sur leur faim et a privé Gane d'une opportunité de titre. L'incident met en lumière la fragilité des règlements actuels du MMA face à de tels événements, et pose la question d'une possible redéfinition des règles pour l'avenir.

Le MMA, discipline sportive en constante évolution, voit régulièrement son cadre réglementaire s'adapter, souvent pour affiner l'arbitrage ou en réponse à des incidents marquants. L'affrontement entre Gane et Aspinall pourrait bien s'inscrire dans cette seconde catégorie. Alors que l'action est formellement prohibée, le geste de Gane a été jugé accidentel par l'arbitre, ce qui lui a valu un simple avertissement sans pénalité. Après avoir bénéficié du temps de récupération maximal autorisé, Aspinall, dont la vision de l'œil droit restait altérée, a pris la difficile décision de ne pas continuer. La conséquence fut un \"no contest\", sans vainqueur ni vaincu, mais avec l'espoir partagé d'une revanche future.

Ce n'est pas la première fois qu'un \"eye poke\" a une influence significative sur un combat de haut niveau. En 2020, lors de l'UFC 252, Daniel Cormier avait également été victime d'un coup similaire face à Stipe Miocic, un événement visuellement plus impressionnant que celui d'Aspinall. Malgré la blessure, Cormier avait choisi de poursuivre le combat avant de s'incliner par décision, révélant plus tard sa vision altérée. Ironiquement, Gane lui-même a déjà connu un incident similaire en 2020, lors de son combat pour la ceinture intérimaire des poids lourds contre Derrick Lewis, qu'il avait finalement remporté. Après le récent \"no contest\", Gane a exprimé sa frustration sur RMC Sport, se remémorant son expérience et s'interrogeant sur la décision d'Aspinall de ne pas continuer.

Il est cependant difficile de juger la situation d'un combattant après un tel impact. L'intensité de la douleur et la perte de vision peuvent être paralysantes. La réaction d'Aspinall aux huées du public d'Abu Dhabi, expliquant qu'il avait un doigt enfoncé \"jusqu’à la phalange dans l’œil\" et qu'il ne pouvait plus voir, témoigne de la gravité de l'incident. Face à ces scénarios récurrents, une révision législative semble inévitable. Le règlement du \"eye poke\" a déjà été modifié en 2017, notamment en réaction aux habitudes de John Jones d'utiliser sa main ouverte avec les doigts tendus, ce qui occasionnait des coups illégaux. Une nouvelle interdiction de combattre avec la paume ouverte et les doigts dirigés vers l'adversaire a été introduite dans les règles unifiées du MMA.

L'observation de l'action de Ciryl Gane montre que sa main était ouverte, mais que ses doigts pointaient vers le haut, rendant l'acte non-sanctionnable selon les règles actuelles. Cet événement pourrait néanmoins catalyser de nouvelles modifications réglementaires. Interdire complètement la paume ouverte s'avérerait complexe, compte tenu de l'importance de la préhension en MMA. Sanctionner chaque \"eye poke\" d'un point de pénalité, à l'instar d'autres coups interdits comme ceux aux parties génitales, nécessiterait une distinction claire entre geste intentionnel et accidentel. Même les tentatives de modification des gants par l'UFC, destinées à réduire ces incidents, ont été infructueuses, certains combattants préférant l'ancien modèle pour des raisons de confort. La situation est délicate, mais elle représente une opportunité pour le sport de continuer à évoluer et à se perfectionner pour la sécurité des athlètes et l'intégrité des compétitions.