Face à un sexisme persistant, de nombreuses femmes entrepreneuses se voient contraintes d'adopter des stratagèmes ingénieux pour faire face à des comportements condescendants. L'une de ces tactiques, de plus en plus répandue, est la création d'un assistant masculin imaginaire. En effet, des entrepreneuses comme Ondine Martinez, fondatrice d'une marque d'accessoires de yoga, ont constaté une nette différence de traitement de la part de certains prestataires masculins lorsque l'interlocuteur était perçu comme un homme. Les blocages, les remarques paternalistes et le manque de considération étaient fréquents lorsque les échanges provenaient directement d'elles, alors que l'intervention d'un assistant masculin fictif entraînait un changement radical dans l'attitude de leurs interlocuteurs.
Cette approche, bien que déprimante, s'est révélée efficace pour débloquer des situations et obtenir un traitement plus respectueux. L'histoire de Ondine Martinez et de son « Nicolas » illustre parfaitement ce phénomène. En déléguant les échanges à cet assistant imaginaire, les entrepreneuses ont vu les réponses des prestataires évoluer de manière significative, passant de l'indifférence à une réelle réactivité et un ton plus courtois. Ce « coup de théâtre » révèle une triste réalité : la crédibilité professionnelle semble encore trop souvent liée au genre, et la présence d'un homme (même fictif) peut conférer une légitimité absente pour les femmes. Ce n'est pas un cas isolé, d'autres entrepreneuses, y compris aux États-Unis, ont eu recours à des stratagèmes similaires, soulignant l'ampleur du problème.
Les chiffres corroborent ces observations, montrant que plus de 4 entrepreneuses sur 10 perçoivent leur genre comme un handicap dans le monde des affaires, entraînant des obstacles et des discriminations. Le sexisme est particulièrement prononcé dans les domaines réputés masculins comme la haute technologie et la création d'entreprise. Ces préjugés peuvent affecter l'accès au financement, la recherche de partenaires et la collaboration avec des prestataires. Cependant, à mesure que les entreprises féminines gagnent en visibilité et en expérience, la nécessité d'un « Nicolas » s'estompe, la crédibilité étant alors établie par le mérite et le succès. Cela illustre un cheminement vers un environnement professionnel plus équitable, où le talent l'emporte sur les stéréotypes de genre.
Cette situation met en lumière la résilience et l'ingéniosité des femmes entrepreneuses face à l'adversité, mais aussi la nécessité d'une évolution profonde des mentalités. L'égalité des genres dans le monde professionnel n'est pas seulement une question de justice, c'est aussi un facteur de dynamisme économique et social. En reconnaissant et en valorisant pleinement les compétences de chacun, indépendamment de son genre, nous construisons une société plus juste et plus prospère.
