La Chambre Régionale des Comptes (CRC) a récemment passé au peigne fin la situation financière du réseau de transports lyonnais, géré par Sytral Mobilités. Bien que l'organisation affiche une santé financière actuelle satisfaisante, les ambitions d'investissement pour la prochaine décennie soulèvent des interrogations sur la durabilité à long terme. Le programme ambitieux prévoit un endettement croissant et nécessite une augmentation significative des ressources.
Le rapport met en lumière le besoin de nouvelles stratégies financières, notamment face aux objectifs ambitieux de recettes et à l’absence de perspectives claires concernant les subventions futures. Malgré ces incertitudes, le président Bruno Bernard reste optimiste quant à l’apport potentiel de nouvelles sources de revenus provenant de niveaux supérieurs de gouvernance.
Un Programme d'Investissement Ambitieux Mais Risqué
Le plan d'investissement proposé par Sytral Mobilités s'étend sur une période de dix ans avec un budget colossal estimé à 6,4 milliards d'euros. Cette stratégie audacieuse, bien qu'essentielle pour moderniser le réseau, pourrait avoir des conséquences majeures sur l'équilibre financier à venir. En effet, elle entraînerait une multiplication de l'endettement par plus de trois fois en une décennie.
L'accélération des investissements devrait commencer à se faire sentir dès 2024, marquant un changement radical après une période de désendettement notable entre 2017 et 2023. La capacité de désendettement pourrait ainsi passer de deux ans à près de treize années d'ici 2033, posant question sur la viabilité future du projet sans ajustements budgétaires. L'autofinancement diminuerait également considérablement, ce qui pourrait compromettre la réalisation des projets si certaines hypothèses ne sont pas respectées.
Recherche de Solutions Innovantes Pour Soutenir les Projets
Face à ces défis, plusieurs pistes sont explorées afin de renforcer les finances publiques locales. Cependant, la CRC relève que les mesures proposées restent tributaires des décisions politiques nationales. Les hausses tarifaires limitées à l'inflation et la gratuité pour certains usagers limitent déjà les revenus potentiels issus des ventes de titres de transport.
D'autres axes comme l'augmentation du versement mobilité ou encore l'utilisation de nouvelles formes de contributions semblent difficiles à mettre en œuvre dans l'immédiat, étant donné les contraintes légales existantes. Parmi les suggestions avancées par le président de Sytral Mobilités figurent notamment la réduction de la TVA sur les transports publics, l'introduction d'une taxation ciblée sur les activités logistiques urbaines, ou encore la mobilisation des gains immobiliers générés par les infrastructures de transport. Ces initiatives visent non seulement à compenser les écarts budgétaires mais aussi à promouvoir une approche plus équilibrée et durable des finances publiques dans le secteur des transports.
